
Ce matin, c’est dimanche. Habituellement, le dimanche je fais pause pause chronique. Mais ce dimanche n’est pas coutume. Alors ce dimanche samedi d’écrire. Shabat mon homme.
Alors j’écris. J’écris pour rien, j’écris sur quoi ? Je verrai bien.
Toujours comme ça quand on écrit, on sait quand ça commence même si parfois ça ne commence jamais, mais après ? Faut bien que ça finisse un jour. Ou pas. Car parfois on finit d’écrire la nuit. Et parfois on ne finit jamais d’écrire.
Écrits d’éternité. Annales Akashiques. Banales ati chiques. Cabales tchik à tchik.
Ce matin, comme je ne suis pas censé – écrire 🙂 je vais décrire.
Je vais couper la citation ci-haut en petits bouts de mots inédits, je vais la hachurer pour lui faire dire autre chose en petits bouts que ce qu’elle tente de dire en un seul grand bout. Ptits bouts de vie va. Viva !

Elle dit tout d’abord que maintenant est intemporel. Maintenant est en dehors du temps, une bulle protégée des intempéries passagères. Elle dit aussi que le moment présent est hors du temps, maintenant n’est pas vraiment du temps présent, c’est du temps à passer.
Mais si maintenant n’est pas du temps, aurait-on du temps à perdre ? Et peut-on gagner du temps ? Comme la nouvelle tendance qui veut que des gens regardent des films à la vitesse 1,5 pour ça que aille plus vite. Fallait y penser. À ce rythme, on va mourir de plus en plus tôt. Même si on se retrouvera toujours dans le moment présent qui n’existe pas. On court après quoi au juste ?
Twilight zone vous dites ? Où pis quand ?
En fait ce que l’on nomme maintenant – ou le fameux moment présent – n’existe pas vraiment car dès qu’on le dit, dès qu’on tente de le saisir, il est déjà parti. La vie ne serait donc qu’une enfilade de petits passages à vide emplis du peu de conscience qu’on y dépose.
Pas de temps à perdre alors. Vite vite, vivons maintenant.

Maintenant n’est pas le moment – ou le temps – de penser à tout ce que vous n’avez pas. S’il fallait penser à tout ce que l’on a pas, on en aurait pour longtemps. Éternité quand tu nous tiens.
Et le vide alors ? Plein plein de vide la vie. On vida la vida à Vale da Vida mais on ne l’évitera pas.
Viva !

Maintenant, oups comme il est déjà passé, on se retrouve encore dans le moment d’après, et ainsi de suite. Toujours un peu en avance, ou en retard c’est selon, face au moment présent. Ptite vite lui j’te dis. On va suivre, on va suivre. On va même se dépasser ou se surpasser si on suit bien.

Pensez à ce que vous pouvez faire avec ce qui est.
Est-ce que penser c’est faire quelque chose ?
Si oui, alors c’est ce que je ferai avec le temps que j’ai, et aussi avec celui que je n’ai pas et que je n’aurai jamais. Passer le temps, un bien drôle de hobby. Ou pas. Car même si je ne pense pas à ça, ça pense tout seul, le temps pense à moi. J’observerai cela alors.
Et je penserai aux gens qui vivent en guerre. Car je pense souvent aux gens qui vivent en guerre. Et à notre humanité qui tend vers la paix, pas la petite, la grande PAIX.
Maintenant, jamais, et plus tard. Un moment donné. Allez, loue là la paix. Alléluia.
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LA GUERRE DES RICHES
Les pauvres, affamés de bouffe, affamés de terre
Affamés de paix, avides d’authenticité
La guerre des riches
Attaquer l’humain, attaquer l’être
Attaquer la Terre, attaquer demain
La guerre des riches
Pensant toujours à la guerre,
Pensant toujours à la guerre
Avec des machines pour ancêtres
Nouvelles générations à naître
Les cordons ombilicaux chimiques ne sont que des câbles
Dans vos progrès électriques
Vies humaines
Offrandes brûlées au Dieu
Avidité
– John Trudell, 1992
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Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance.
Une chose cependant m’apparaît de plus en plus clairement : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider — et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes.
Et voilà tout ce qui nous est possible en ces temps : sauver en nous un peu de toi, mon Dieu.
Et peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres.
Oui, mon Dieu, tu sembles bien peu pouvoir modifier les circonstances, mais elles font partie de cette vie.
Je ne t’appelle pas à rendre des comptes, c’est toi au contraire qui nous demanderas des comptes un jour.
Et presque à chaque battement de mon cœur grandit ma certitude : tu ne peux pas nous aider, mais c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous.
– Etty Hillesum, Une vie bouleversée via Cristina RJ
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Amen, alléluia et Inch Allah.
Chantons avec allégresse pendant que le moment passe encore et toujours.
Dring dring wow wow !
