
En ce bas monde, l’horreur cohabite avec la beauté.
Les extrêmes meublent et peuplent ce monde.
On y trouve du beau, du bon et du généreux, comme du laid, du mal et de l’avarice. Dans une grande danse bien difficile à saisir, difficile à conjuguer en une totalité équilibrée et complémentaire.
Par exemple, nous, en Occident, pour la plupart, nous vivons dans le mou, le confort et la ouatte alors qu’en tant d’ailleurs – Haïti, Ukraine, Gaza et en plusieurs pays d’Afrique – vivent la pauvreté extrême et la guerre chronique. Sur la même planète. En même temps. Tout se côtoie.
On considère normal et naturel qu’une part de nous ait tendance à rejeter le dit négatif pour ne chercher et rechercher le prétendu beau et bon, et que peu de gens parmi nous se nourrissent de négativité. À part les masochistes.
Vous connaissez celle-là ?
Une fois, c’t’un masochiste qui dit à un sadique: Fais-moi mal.
Et le sadique de répondre: Nooooon !
Excusez-là. Mais tout est relatif. Le bien de l’un est le mal de l’autre. Bien et mal ne sont peut-être qu’une question de jugement et d’interprétation ? Que sait-on vraiment avec certitude.
On veut tous et toutes la lumière, et on repousse l’ombre.
On veut du beau, du bon, du doux, et on tend à repousser le laid, le mauvais et le rough and tough. Mais la vie ne connait pas ces distinctions.
Et certains, comme la jeune artiste ci-haut, savent transformer le laid en beau, l’horrible en art.
Tout part de l’acceptation de ce qui est.
L’acceptation qui se définit ainsi selon Eckhart Tolle: Pour le moment, telle est la situation, ce moment qui m’incite à faire ce que doit. Et je le ferai volontairement.

Certains moments nous incitent – ou nous invitent – à faire ce que doit malgré les circonstances, malgré la situation. Dans certaines situations, il n’y a qu’une chose à faire, pour réagir avec justesse, pour répondre adéquatement. Bien sûr on ne décide pas toujours de nos réactions, mais l’idée consiste à transformer justement nos réactions en réponses – habilité à répondre.
Peu importe ce que la vie nous donne à vivre, ce qu’elle nous offre à vivre, faisons du plus juste que l’on peut.
Des citrons ? Squeezons-en la meilleure limonade qui soit alors.
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Plusieurs s’inquiètent de la situation mondiale.
On ignore quand les bombes exploseront.
On a l’impression d’être au bord du précipice. Individuellement, on se sent impuissants, désespérés.
La situation est si dangereuse, l’injustice si répandue, le danger si proche.
Dans un tel contexte, paniquer ne fera qu’empirer les choses.
On doit garder notre calme et notre lucidité.
J’aime prendre l’exemple d’une petite embarcation traversant le golfe de Siam.
Au Vietnam, nombreux sont ceux, appelés les boat-people, qui quittent le pays à bord de petites embarcations.
Souvent pris dans des mers agitées ou des tempêtes, les passagers paniquent et les bateaux coulent.
Mais si une seule personne à bord parvient à rester calme et lucide, sachant ce qu’il faut faire et ne pas faire, elle peut sauver le bateau.
Son expression – son visage, sa voix – communique clarté et sérénité, et les autres lui font confiance.
Ils l’écouteront. Une seule personne peut sauver des vies.
Notre monde est un peu comme cette petite embarcation.
Comparée au cosmos, notre planète est une toute petite embarcation.
Nous sommes au bord de la panique parce que notre situation n’est guère meilleure que celle de cette petite barque en pleine mer.
Vous savez que nous avons plus de 50 000 armes nucléaires.
L’humanité est devenue une espèce très dangereuse. On a besoin de personnes capables de rester calmes et sereines, de marcher paisiblement.
On a besoin de telles personnes pour nous sauver.
Le bouddhisme affirme que vous êtes cette personne, que chacun d’entre vous l’est.
Dans chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, réside la capacité de s’éveiller, de comprendre et d’aimer.
Certains la laissent se développer, d’autres non, mais elle est présente en chacun de nous.
Cette capacité de s’éveiller, d’être conscient de ce qui se passe dans vos sentiments, dans votre corps, dans vos perceptions, dans le monde, est appelée la nature de Bouddha, la capacité de comprendre et d’aimer.
C’est par notre capacité de pleine conscience, de respiration et d’en ÊTRE PAIX qu’on peut instaurer la paix.
– Thich Nhat Hanh – Extrait de « Être la paix »
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La misère humaine contient le secret de la sagesse divine, et non pas le plaisir.
Toute recherche d’un plaisir est recherche d’un paradis artificiel, d’une ivresse, d’un accroissement.
Mais elle ne nous donne rien, sinon l’expérience qu’elle est vaine.
Seule la contemplation de nos limites et de notre misère nous élève. Qui s’abaisse sera élevé.
– Simone Weil – La pesanteur et la grâce, via Cristina RJ
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Ne rejette pas le sentiment de rejet, ni n’abandonne le sentiment d’abandon.
Ne résiste pas à ta résistance, ils ne fuient pas l’envie de fuir.
Ne laisse pas la tristesse s’installer, ne stimule pas la colère en te coupant des autres, ni n’aggrave la solitude, elle ne la repousse.
Accueille ton cœur brisé, avec autant d’amour que ton cœur heureux, ne perds jamais le sentiment d’être perdu, et ne doute pas de la présence du doute.
N’aie pas peur, il ne désire pas l’absence de désir, ne t’en fais pas de t’inquiéter. (Et si tu t’en fais, ne t’en fais pas).
Toutes les parties de toi sont sacrées, la lumière comme l’obscurité ; toutes sont dignes, méritant un amour inconditionnel.
– Jeff Foster
