VIVE LE SPRING !

On n’a connu que quelques petites et timides bribes printanières jusqu’à maintenant, que quelques effluves volages nous indiquant qu’un jour, le blanc cédera sa place aux verts tendres. Et aux bibittes. À ce point-ci, on a même (presque) hâte de les voir elles.

Ici dans le petit now en tous cas, c’est encore tout blanc ben haut et cette semaine, on se croyait davantage en décembre que de l’autre côté de l’hiver, plus avant qu’après. On peut dire que le ressort n’a pas encore viré le coin. Seul le carré aux dates nous indique intellectuellement que le printemps va arriver dans quelques heures. Parce que par la fenêtre, pas évident.

Mais au fond (des 3-4 pieds de neige accumulée), il y a de nombreux printemps.

Les premiers rayons tièdes de février nous donnent un premier espoir. Mais souvent, en mars, on tombe en rechutes saisonnières multiples. Ah les attentes. 31 jours ce mois de marde, euh mars, en plus. Long longtemps mars. Cette année, ce fut particulièrement le cas avec neige, froid et verglas en masse. Et il reste encore 10 jours avant le poisson.

Notre ami Gordon, qui vit en Arizona qui n’a pas eu de neige du tout cette année, était ici hier et il se pâmait devant la beauté des millions de flocons qui déambulaient de haut en bas, du ciel à la terre, tombant sur nos têtes entuquées un peu tannées du blanc. Ouain. Pour rester polis. Les mêmes flocons de mars n’ont pas la même beauté que ceux de novembre.

Ma douce a entaillé quelques érables mais ça ne coule pas encore à flot. On garde espoir. Et l’appétit.

Le printemps est une saison d’espoir et d’illusion, mais aussi une saison de montagnes russes, canadiennes et vermontoises. Nordiques quoi. On veut y croire et espérer, mais on regarde dehors aussi.

Au printemps, un jour on est à moitié-nu.e (je parle pour moi), le suivant, on se ré-emmitouffle. Un jour, on déambule en shorts et en sandales (sur son balcon en tous cas), le suivant on pellete en manteau et en bottes, et on sacre.

Petits problèmes existentiels me direz-vous car un printemps avec une stupide guerre internationale en toile de fond affiche un certain bémol, sinon un bémol certain. Mais ici, on doit apprécier notre printemps de paix, car guère de guerre. Que celle des tarifs du gros bonhomme 7 heures.

Le printemps nous illustre si bien comment l’espoir et son contraire, le désenchantement, peuvent danser le tango, nous enchanter et nous faire déchanter. Quelle balade mes ami.e.s. Mais comme à chaque année, on va faire face à la musique. Et cultiver l’espoir. Cha cha cha.

Je pense souvent à mes ami.e.s du Brésil qui ne connaissent que deux saisons: chaud et très chaud. Avec quelques épisodes de grosse pluie. Ici, nous sommes polyamoureux saisonniers.

Une année quand je suis revenu du Brésil justement, mon toit de tôle, la neige et le soleil avaient créé cette oeuvre d’art en dansant l’un avec l’autre. Ça ne s’invente pas.

Et quand je leur montre des photos de ma petite maison dans la forêt, ils ferment les yeux, prennent froid et se mettent à trembler. Mais nous, les canayens, on aime ça le bleu blanc rouge. Eux ne connaissent que le vert et jaune du drapeau brésilien, sur fond de ciel bleu azul et bleu mer.

Pour ceux et celles qui n’auraient pas saisi la subtilité de la joke printanière en english ci-haut 😉

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