
Ce seul fait devrait nous porter à nous aimer les un.e.s. les autres mais ça ne le fait pas.
Nous sommes terrorisé.e.s. et aplati.e.s. par des banalités, nous sommes dévoré.e.s. par des pécadilles.
– Charles Bukowski
Encore la mort ce matin. Désolé. Quoi que pas vraiment. Je dis par simple politesse. Car c’est un peu le but de la vie, nous polir avant la mort, nous polir par amor amor amor.
Mais on n’en a pas encore fini avec elle. En fait, c’est la mort qui n’en a pas fini avec nous. Je dis nous, mais j’aurais pu dire moi. Alors je dirai moi. Car rien de plus personnel que la mort. La mort des autres est une chose, mais notre mort n’est encore qu’un grand mystère à venir. Pour le moment.
Du moins la mort devient de plus en plus personnelle à un certain point de notre vie. Car lorsqu’on est jeune, comme je disais hier – je m’en souviens, je ne radote pas, pas encore du moins – la mort est un concept encore loin de nous. Mais plus on vieillit, plus elle s’approche, plus elle s’immisce et se glisse en nous. Plus elle nous habite.
Encore la mort ce matin car j’ai vu, hier, qu’une autre connaissance à moi a changé de forme récemment. Après une longue maladie. Début quarantaine. Plus jeune que la normale ça. Et en même temps, je lisais récemment un livre qui racontait l’histoire d’enfants gravement malades à l’hôpital, et d’autres en fin de vie. Alors pour la normalité quant à la mort, on repassera.
On dirait que les réseaux sociaux ont démocratisé la mort. Avant les gens mourraient et on ne le savait pas. Maintenant leur mort poppe dans nos écrans. Scroll de vie va. Viva !
Ce qui m’amène aux fameux dossiers en E qui circulent actuellement et qui font émerger une inhumanité que certains se vantent de connaître depuis longtemps. Dossiers qui m’intéressent peu même si le sort des victimes potentielles me touche droit au coeur. Quel cirque morbide en effet Charlie – Bukowsky I mean.
Mais pour en revenir à la mort, disons qu’elle me fait travailler ces jours-ci.
Peut-on avoir peur de la mort ? Je ne sais pas car on n’en connait rien.
On peut avoir peur de l’inconnu. On peut avoir peur de souffrir longtemps et péniblement. Peur de devenir un poids pour nos proches. On peut avoir peur de quitter ceux et celles qu’on aime aussi.
Mais peur de la mort ?
Probablement pas de la mort comme telle car on n’en sait rien. On ne sait rien directement à son propos en fait. Certains disent que ce n’est que comme s’endormir, mais pour l’éternité. Et se libérer de ce corps.
Je crois qu’on peut être curieux – plus ou moins positivement ou négativement – à propos de la mort.
Curieux de savoir s’il y a quelque chose de l’autre côté de ce corps.
Intrigué par la forme et le processus du passage même si ceux et celles qui y sont passé.e.s puis revenu.e.s en parlent en général comme une grande douceur lumineuse qui nous prend et nous attend. Qui mourra verra.
Je ne sais pas si on peut concrètement se préparer à la mort à part faire le ménage dans notre paperasse de vivants. Dans mon cas, ce ne sera que de la paparasse car je ne possède que ma maison que je vais léguer à mes filles. Et à ma douce.
Pour le reste, on peut tenir la maison en ordre. Et demeurer comme un scout, toujours prêt. Et garder son corps au meilleur de sa forme jusqu’à ce que ne frappent les petits ou gros pépins dans le gros raisin que nous sommes car il semble qu’ils viendront. Éventuellement. Et laisser maturer le raisin pour devenir du bon vin.
La mort des autres nous fournit un peu d’indication au sujet de notre propre mort. Elle nous prépare, elle se rappelle à nous. Mais surtout, elle nous permet de vivre chaque instant le plus totalement possible car jamais rien d’acquis ni de garanti.
La mort représente une sorte d’ombre qui nous permet de goûter et d’apprécier totalement la lumière pendant qu’elle luit. Un peu comme la maladie passagère qui nous fait tant apprécier le simple fait d’être en relativement bonne santé.
La mort est réellement une grande enseignante. Son concept du moins, car pour le moment, la mort n’est que concept. Qu’une étape à venir. Éventuellement, mais inexorablement.
Une ligne d’arrivée au bout d’une course plus ou moins folle, que l’on peut remplir avec ce que l’on veut, ou ce que l’on peut, dans les limites de nos circonstances de vie. Et la considérer comme elle se doit. Libre-choix.
Personnellement, je suis à chaque matin en totale gratitude pour la chance de vivre une vie paisible, en nature, avec un immense terrain de jeu boréal de l’autre côté de ma porte d’entrée. Des arbres à perte de vue qui m’accueillent dans mes marches quotidiennes. Mes meilleurs amis du moment. Et les oiseaux, les oiseaux. Pit pit.
À chaque jour qui nait – ou qui renait c’est selon – je ne peux que remercier la vie pour la chance que j’ai, que nous avons. Car si on se compare, ce qui n’est pas recommandé selon certains, nous sommes tellement choyé.e.s de vivre ici.
Reconnaissant de notre chance tout en gardant au coeur empathie et compassion pour ceux et celles qui souffrent, qui vivent pris au piège en terrain miné de guerre et de conflit, affamé.e.s, assoiffé.e.s, menacé.e.s sans cesse. Pensées vers vous, vers eux, vers elles, frères, soeurs et enfants .
Appréciant notre immense chance, sans se sentir coupables, mais responsables – comme dans able to respond, capables de répondre dans la mesure de nos moyens limités – lié.e.s à leurs douleurs, à leur souffrance mais surtout, sans jamais les oublier.
Je ne sais pas si prier pour eux et elles aide vraiment, mais le simple fait de les garder vivants dans notre coeur nous rend plus vaste, plus grand.e, plus humain.e. Plus liée.s à eux et elles.
Et plus vivant.e.
Pour le moment.
À chaque moment.
Un seul coeur humain. Poupoum Poupoum.
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La liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à devenir ce que l’on est.
Elle n’est pas un droit de caprice, mais une conquête intérieure.
Être libre, ce n’est pas s’affirmer contre les autres, c’est se délivrer de soi-même, de son égoïsme, pour entrer dans l’espace infini de l’amour.
La vraie liberté naît quand (on) cesse d’être centré sur soi-même et devient transparence à une Présence plus grande que soi.
Maurice Zundel – Je est un Autre, via Cristina RJ sur FB

La mort et les réflexions qu’elle engendre. Une question de place, la nôtre et celle de l’autre qu’il-elle laisse.
À contre poids, si on nous annonçait toutes les naissances, et particulièrement celles du jour de passage d’un être qui meurt…pour être aussi témoin de ce grand cycle de la vie. Ou encore, être simplement témoin de tout ce qui naît autour de nous, en nous en ce même jour du départ. Naissance d’une émotion, même une renaissance, naissance d’un élan de rassemblement, naissance d’une tempête de neige ou du soleil levant…y’a toujours la grâce universelle qui offre d’adoucir le vide.
Un Hug vers toi mon Ami. Et dit bonjour à tous les pits pits de ta forêt pour moi.
Louis-Xavier
Envoyé de mon iPhone
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oui en effet, de multiples naissances à chaque jour… pit pit mon tipit qu’ils te font dire
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La mort…Il y a plein de vie dedans…
disait notre ami Félix.
Profitons de la vie qui nous est prêtée.
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