
Les derniers jours ont marqué un moment rare et spécial et on dit que cette année est particulière : le Carême débutait hier le mercredi 18 février, mercredi des Cendres, alors que le Nouvel An lunaire et le Mardi gras avaient lieu le mardi 17 février, tandis que le Ramadan commençait également dans cette même soirée du 17 février.
En ces temps un peu obsessionnels compulsifs de tentative d’effacement de toute trace de religion ici au Québec, personnellement, j’ai plutôt envie, au contraire, de chercher ce qui unit les modalités de ces trois rituels de diverses religions ou traditions.
Car si on en sait un tout petit peu au sujet de chacun de ces rituels, on ne sait pas vraiment grand-chose réellement en fait à leur sujet.
La tradition chrétienne se prépare à Pâques par le biais du carême, peu pratiqué au Québec désormais. Les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil pendant un mois et doivent faire une offrande à la fin du mois, tandis que le nouvel an lunaire marque le début d’une nouvelle année fondée sur les cycles de la lune surtout célébrée par les peuples asiatiques.
Parallèlement à ces trois traditions, de mon côté je vais pratiquer 21 jours de Shaking matinal pour compléter l’hiver et préparer l’été.
Alors pendant les 40 prochains jours, soit d’ici Pâques le 5 avril, je vais utiliser ce temps pour regarder davantage en moi, faire plus attention à ce que j’ingère comme nourriture et en liquide, et explorer les éléments communs à ces trois rituels printaniers.
En cette fin d’hiver, une nouvelle énergie s’apprête à émerger. Et on dirait que le monde extérieur est également en train de se purifier d’une part certaine de son ombre.
Comme nous tenons ici à chaque printemps 3 cérémonies de Curas de Pâques, ce temps nous servira de rituel de préparation. Si le vendredi saint représente la mort, le samedi constitue un espèce d’espace de vide et de transition, alors que le dimanche célèbre une certaine renaissance.
Peu importe les rituels, il me semble que les trois nous ramènent à soi, en nous permettant de nous voir, de nous observer, de nous investiguer.
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On s’aperçoit qu’il suffit de faire un pas en arrière dans sa conscience, juste un petit mouvement de retrait, et l’on entre dans une étendue de silence par-derrière.
Comme s’il y avait un coin de notre être qui avait les yeux à jamais fixés sur un grand Nord tout blanc.
Le vacarme est là, dehors, la souffrance, les problèmes, et on fait un léger mouvement intérieur, comme pour franchir un seuil, et, tout d’un coup, on est en dehors (ou en dedans ?) à mille lieues et plus rien n’a d’importance, on est sur des neiges de velours.
L’expérience finit par acquérir tant d’agilité, si l’on peut dire, qu’en plein milieu des activités les plus absorbantes, dans la rue, quand on discute, quand on travaille, on plonge au-dedans (ou en dehors ?) et plus rien n’existe, qu’un sourire — il suffit d’une fraction de seconde.
Alors on commence à connaître la Paix; on a un Refuge inexpugnable partout, en toutes circonstances.
Et on perçoit de plus en plus tangiblement que ce Silence n’est pas seulement au-dedans, en soi; il est partout, il est comme la substance profonde de l’univers, comme si toute chose se détachait sur ce fond, venait de là, retournait là.
C’est comme un creux de douceur au fond des choses, comme un manteau de velours qui enveloppe.
Et ce Silence n’est pas vide, c’est un Plein absolu… mais un Plein sans rien dedans, ou un Plein qui contient comme l’essence de tout ce qui peut être, juste avant la seconde où les choses vont naître — elles ne sont pas là, et pourtant elles sont toutes là, comme une chanson pas encore chantée.
Satprem – just a step behind
via Charles Couttarej Sattoji et Michelle Metge
