
– Nikita Gill, via Deepam Wadds
Ces quelques mots de Nikita Gill concentrent pas mal toutes mes croyances en l’humanité. Car le monde autour de moi, de nous, mon monde, notre monde, est en général rempli de bon monde non ? De gens créatifs, généreux, soucieux de soi et d’autrui. De gens de coeur.
Les pitreries de quelques gros bonnets à grande bouche qu’on nous présente ne constituent pas LE monde. Loin de là. Qu’une petite et infime partie du monde. Infime et un peu infirme même. Avec la tête trop grosse, la bouche trop grande, et trop ouverte, et le cœur beaucoup trop petit, atrophié par des bourses pleines de bidous mais vides de bonté.
Rumi les décrit bien et nous met en garde : Passez moins de temps avec les rossignols et les paons. Les uns ne sont que paroles, les autres que couleurs.

Alors on lâche les journaux à pantins et on va jaser avec les arbres, on va pelleter de la neige et des nuages. On se ferme les yeux, et la bouche, et on observe sa propre boîte à idées.
Car nos gros rossignols, gnomes de toutes sortes d’affaires, ont beau parler de paix, mais ils n’ont que guerres en têtes, et ventes d’armes au porte-monnaie. Pouvoir, influence, pseudo-gloire. Paroles et parures. Et jets privés.
Et les paons sont liftés et gonflés à bloc et au botox comme aux autres adjuvants artificiels à la jeunesse. Ça parait and it smells fishy. Probablement qu’ils et elles ne se décomposeront jamais complètement après leur mort. Quelques ptits bouts d’eux et elles seront éternels. Probablement leurs désirs anyway. Good for them.
Moi je préfère le petit monde. Le monde comme vous et moi. Le monde comme nous. Le monde ordinaire, les ptits riens dans ce grand tout, les ptits pleins dans ce grand trou. Pleins d’amour, de simplicité, d’ordinarité. Pleins de rien et fous de tout.
Nous, les gens simples, qui tentons simplement de rendre la vie digne d’être vécue.
De toute façon, on dit que notre seul devoir

Avec un tel objectif, on peut travailler à très petite échelle. Car la vraie vie se passe souvent dans les barreaux du bas. Aho !
Et on va laisser les autres s’occuper des choses prétendument grandioses. On va les laisser se pointer à Davos et ailleurs dans leurs jets privés, dans leur set de jets. Sans les envier ni les jalouser car on sait bien qu’il y a prix à tout. Un gros prix. Un prix de gros. Un prix de présence.
Alors nous, les petites gences, on va se concentrer sur les petites choses de la vie, soit du plus important, du primordial, du coeur de la vie. On va s’occuper des barreaux d’en bas dans l’échelle sôciale.
De notre toute simple présence à soi, et à nos proches, au coeur du monde de notre petit monde.
On va jaser avec les arbres, et les écouter craquer de froid dans le blanc de l’hiver, ici dans le blanc des cieux. On va écouter les ptits moineaux pialler, et leur jazzer ça aussi.
On va aider notre prochain, comme notre prochaine, on va s’entraider sur les barreaux inférieurs de nos petites échelles terrestres et terre à terre.
Car le monde se vit bien, ici, et bien bas.
Et devant nous je m’incline. Bien bas.
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Il est important de se rappeler que le stoïcisme ne consiste pas à juger les autres.
Ce n’est pas une philosophie morale à imposer au monde.
Non, c’est une philosophie personnelle destinée à guider nos comportements.
C’est ce que Marc Aurèle voulait dire lorsqu’il affirmait : « Sois tolérant.e envers les autres et exigeant.e envers toi-même. »
Dans cette nouvelle année, alors que nous cherchons à nous améliorer, à être meilleurs – à trouver la confiance en nous dans un monde incertain – il est essentiel de rester ouvert.e à l’idée que certaines personnes continueront d’être des imbéciles, des imbéciles, des personnes peu fiables, ou quoi que ce soit d’autre.
Laissons-les être.
Ça les regarde.
On n’y peut rien.
En revanche, nous devons être disciplinés envers nous-mêmes et nos réactions.
Si quelqu’un agit de façon ridicule, laissons-le faire.
Si nous agissons de façon ridicule, prenons conscience du problème, corrigeons-le et œuvrons pour éviter qu’il ne se reproduise.
Nos actions sont sous notre contrôle.
Elles nous concernent.
Soyons rigoureux à ce sujet.
Laissons les autres tranquilles.
Vous avez déjà assez de soucis.
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Quand je porte sur l’autre un regard amoureux, je lui révèle sa nature profonde, je le rappelle à son identité véritable.
Comme il est dit dans le chant d’Hakuin : » Tu erres parmi les mendiants sans te souvenir de qui tu es. »
Le regard de celui qui m’aime, ce regard qui voit en moi ce que je suis dans ma profondeur me place dans ma royauté, me remet dans la lumière originelle.
On dit souvent de l’amour qu’il est aveugle.
Au contraire, il est visionnaire.
Il voit ce que les autres ne voient pas.
Il voit derrière les apparences, derrière toutes ces protections que je me suis constituées pour protéger mon cœur.
Pendant toute la vie, je suis menacée de toutes parts, par mes éducateurs, et tous ceux qui veulent m’imposer leurs vues.
Je me protège toute une vie durant.
Mais le regard qui m’aime fait fondre toutes les carapaces dans lesquelles je me suis cachée autrefois pour survivre.
Et pour finir, l’amour est là, bien sûr, pour nous révéler que » Dieu n’est nulle part ailleurs que partout « , que dans chaque être qui me rencontre sur cette terre, dans chaque regard qui me croise.
L’amour est là pour nous dire : dans chacun des êtres que je rencontre, je Te rencontre.
Cette expérience de l’amour et de la passion dans nos existences, Maître Eckhart la décrit quand il fait dire à Dieu : «Il n’y a pas de place pour deux en toi, je ne peux entrer que si tu sors.»
C’est ce que nous ressentons dans une passion quand nous sommes évidés comme un tronc d’arbre par la foudre, quand il ne reste plus rien en nous que ce vide béant et vibrant.
La présence de l’autre.
Cette expérience absolue du sacré.
Cette expérience mystique – puisque la rencontre de l’homme et de la femme est de la même nature que la rencontre de l’âme et de Dieu.
– Christiane Singer, Du bon usage des crises.
