
– Seng-Ts’an –
Oui, opinions avec un g, car opignons ça punch plus. On peut mordre dedans.
Ce que ce meme de Seng-Ts’an nous dit, c’est qu’on n’atteint pas activement la vérité, elle ne fait que se révéler lorsqu’on arrête de la recouvrir de nos opinions.
Nous vivons dans un monde de dualité. En fait, nous sommes des dualités ambulantes.
Moi et les autres, eux versus nous. Bon, mauvais. Le paradis et l’enfer. Le Bien et le Mal. On a peint le monde en noir et blanc. Pourtant, bien plus que 50 nuances de gris en plus d’un arc-en-ciel complet.
Ni gauche, ni droite, que de l’extrême centre de tous bords tous côtés. Autour et dedans réunis.
On sépare toujours tout, au moins en deux, et souvent en beaucoup plus de parties qui ne sont jamais égales. On priorise toujours les choses, les gens, les idées. On classe, on élève, on abaisse, on tasse. On adore, on méprise. On évalue.
On découpe la réalité en petits morceaux qu’on place dans des petites boîtes et ensuite nous sommes pris à essayer de tout recoller pour tenter de faire sens du grand casse-tête. Fatigante job de bras dans nos têtes. Infinies cases de tête.
La tête tranche, le coeur unit.
Et si la vie n’était que ce qu’elle est ?
Ni bonne, ni mauvaise. Ni belle, ni laide. Juste la vie, simplement.
Sans jugements, sans préférences, sans ordre aucun.
Un grand casse-tête sans désir de le faire fitter dans un cadre.
La vie, la vie, telle quelle, juste crue, sans filtre. Sans opinions. Juste en émotions.
Ni bonne, ni mauvaise. Ni eux, ni nous. Même pas de moi. Que ça. Avec la conscience de ce qui passe dedans.
Le spectateur/trice dans le film, acteur/trice, réalisateur/trice, producteur/trice. Sans caméra, sans reflet.
Oui, je sais, pas naturel pour nous les humain.e.s de considérer les choses ainsi.
Mais pas pour ça qu’on ne peut pas essayer right ?
Car dès qu’on cherche la vérité, on crée le mensonge.
Dès qu’on désire la justice, l’injustice apparait.
Dès qu’on cherche la lumière, on l’oppose à l’ombre. Mais pourtant :
En réalité, il n’y a qu’une lumière.
Quand vous lui tournez le dos, vous percevez votre ombre.
Tournez votre attention vers elle, et tout devient clair.
– Ramana Maharshi
___
Les gens de ce monde qui détournent le regard et n’examinent pas en leur cœur leur propre Soi, qui est la nature propre de la réalité, sont agités par le poison du doute et s’égarent dans la peur en cette vie de changements.
Tout comme le plus beau joyau est voilé par l’éclat de ses propres rayons, le Soi, qui resplendit d’un éclat extrême pour le monde entier, n’est pas manifeste.
La Lumière consciente, flamme auspicieuse du monde réel et du monde irréel, flamboie haut.
Goutte à goutte, les impuretés sont consumées au sommet de la mèche, la prise de conscience de soi.
Seule la lumière du Cœur existe et elle est l’agent de l’activité créatrice.
Établie en elle-même, son activité est prise de conscience de soi et, s’ébranlant, elle est le déploiement de l’univers.
LA GERBE FLEURS AU SENS PROFOND, (Mahārtha Mañjarī) 8-11
– Maheśvarānanda, Cachemire XIIe siècle via Jean Bouchart d’Orval
