NE RIEN DIRE DU TOUT ET TOUT DIRE DE RIEN

Avant d’écrire, j’aimerais dire quelque chose.

Soit que je ne sais rien. Je ne sais rien avec certitude du moins. Que de vagues connaissances qui ne font pas de vagues.

Je sais au moins que je ne connais pas grand-chose d’autre de la vie que ce que je pense en savoir. Et encore là. Connait-on vraiment quoi que ce soit?

Et peut-on vraiment savoir ce que l’on ignore ? Savoir tout ce que l’on ignore.

De toute façon, sait-on jamais quelque chose avec certitude ? La certitude est un mot de 8 petites lettres, mais aussi un bien grand mot. Un mot dit rarement en mot dit, du moins il devrait l’être avec moult hésitations. Et s’il est émis, comme dans émissaire et émission, il devrait toujours l’être avec humilité. Avec sans pur sang d’humilité relative.

Eh oui, lecteurs/trices, comme vous voyez, ces petites questions trottent dans ma tête – ou galopent-elles ? – en ce mercredi matin de la mi-janvier sur terre, dans le ptit comme le grand now d’ici, quelque part, partout. Comme ailleurs.

Quelques mots formant des questions, tournant en rond dans l’univers de ma ptite caboche si active. Hyper.

Des mots formant des questions qui ne cherchent pas tant réponses que des questions qui spinnent sur elles-mêmes et s’amusent à tester l’univers de ma pensée. Ou serait-ce de mes pensées ? Car l’un et l’autre se disent, et rarement une pensée ne s’accompagne pas d’une autre.

Comme Oscar Wilde, quel sauvage de la pensée, j’aime parler de tout et de rien, mais je préfère parler de rien car alors tout est possible. Car si on pense parler de tout, on en oublie toujours un ptit bout. Surtout celui qui compte. Le bout du batôn. Le boutt du batt.

Comme vous voyez aussi j’aime parler en italique, mais moins en souligné, Question de goût

Changement de sujet, comme on dit, l’éternité c’est long en mot dit, surtout vers la fin. Mais j’aime penser que le début de l’éternité est tout aussi extensible. Ou a-t-il été ? En plein hiver. En fait, les deux, début et fin, se touchent toujours et se touchent en nous. Nous sommes le début et la fin. Fin finnaud va.

Quand on regarde les faits du monde qu’on choisit de nous rapporter, comme ceux qu’on choisit de regarder, on ne voit qu’un ptit bout de l’éternité sur terre. Ici maintenant, sur le tôt comme sur le tard, car tout ce que l’on voit est déjà passé. La vie va toujours plus vite qu’elle-même. Et surtout que nous.

En fait, le on peut-il jamais exclure la personne qui parle ? Poser la question N’est pas pondre, ni y répondre. Cocorico les poulets.

On doit faire avec la vie, on doit composer avec la vie qui passe toujours en coup de vent, souvent de face, parfois dodo. Comme elle passe de plus en plus en manchettes et en continu.Comme en décousu. On perd le fil. Et parfois ça donne des boutons. En fait, c’est toujours nous qui composons la vie, mais avec la matière qui a fini par aboutir devant nos yeux pour se loger dans les trous de notre emmental qui nous sert d’esprit. Cheeze mes souris !

Un peu décousus mes propos ce matin. Le fil se perd, l’étau se resserre. Pas très à propos – à lire avec un accent en glaise. Et déjà vu. Car rien de nouveau, tout est toujours déjà vous. Et moi aussi. Ça nous tu-tu ?

Allez, et à la revoyure. Ou à la renvoyure, c’est selon. Et un peu salaud. Car ces temps-ci, voyez-vous vous aussi ? le monde a un peu mauvais goût. On va se jouer ça nature à l’or.

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Le problème n’est pas qu’on ne sait pas ce qui se passe ; il est beaucoup plus subtil : on ne sait pas qu’on ignore tout.
Assis devant notre écran, on a l’impression d’observer le monde, sans réaliser qu’on regarde une histoire, un récit, une narration soigneusement peaufinée par d’autres.
C’est pourquoi les messages se ressemblent tous sur les différents médias à travers le monde, comme si une seule voix s’exprimait à travers des milliers de bouches : ils ne se contentent pas de contrôler ce qui est dit, ils décident aussi de ce dont on parle et de ce qu’on tait – et ils appellent ce silence «objectivité».
Voyez, cher/ère ami.e, observez comment fonctionne cette pyramide : un récit naît au sommet, là où se trouvent les propriétaires, les investisseurs, les intérêts – puis il descend, s’adapte, se simplifie, devient « accessible », jusqu’à atteindre les radios locales, les bulletins de nouvelles de quartier, et enfin les messages vocaux WhatsApp de vos connaissances, répétés avec la conviction de quelqu’un qui pense avoir tout bien réfléchi.

Et la grande majorité considère ça comme s’informer.
Ce qu’on oublie, c’est que le journal, avant d’être un journal, et la chaîne de télévision, avant d’être une chaîne de télévision, sont des entreprises.
Une entreprise ne s’incline pas devant la vérité ou la réalité ; elle s’incline devant les chiffres.
Elle a des propriétaires, des rapports, des actions ; elle vit des annonceurs ; et donc, le vrai client, ce n’est pas vous : vous êtes le produit.
Votre peur, votre indignation, votre clic, votre attention – emballés et vendus.

Et lorsque la réalité est complexe, on invente un ennemi simpliste, car la complexité ne génère pas d’audience.
Le monde est réduit à sa plus simple expression, puis on vous chuchote : « Cette idée est la vôtre. »
C’est là le piège ultime : consentir en croyant avoir choisi.
Ce n’est pas que les journalistes soient « mauvais » ; c’est que le système filtre même les mieux intentionnés, comme une rivière qui, même si elle souhaite rester pure, doit traverser une ville industrielle.
Souviens-toi, mon ami : le danger n’est pas d’être mal informé ; le véritable danger est de se satisfaire de sa désinformation.

– Prabhuji
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Le monde a besoin de quelques centaines d’hommes et de femmes audacieux.
Pratiquez cette audace qui ose connaître la Vérité, qui ose montrer la Vérité dans la vie, qui ne tremble pas devant la mort, non, qui accueille la mort, et fait qu’un être humain sait qu’il est l’Esprit, et que, dans tout l’univers, rien ne peut le tuer…
Alors vous serez libres.
Alors vous connaîtrez votre véritable Âme…

~ Vivekananda (Traduction A. N.)

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