
À voir la situation mondiale actuelle, on pourrait être porté à constater que davantage de chaos que de paix agite le monde, notre monde. Que ce soit, entre autres et non seulement, à Gaza, en Ukraine ou aux USA avec la polarisation de cette violence de moins en moins gênée et retenue, on sent un certain bouillonnement, si ce n’est un bouillonnement certain. Ça gronde, et ça chauffe, sous l’apparente glace sociale et sociétale.
Et on ne parle même pas des intelligences mécanisées qui sont en train de nous rattraper.
Alors apprécions pleinement la chance et le privilège que nous avons de vivre la paix ici et maintenant. Jamais permanent, jamais acquis.
J’ai davantage habitude à porter mon regard et mes réflexions matinales sur le monde intérieur, sur les choses de l’âme. Peut-être par évitement devant un monde incompréhensible et trop générateur de stress, par bonasserie, ou par écoeurement de la chose humaine chez ceux qui tentent d’imposer leurs solutions aux problèmes du monde, ou de leurs intérêts plutôt.
Mais l’âme de notre monde est inquiétante. Et si on se considère soi-même l’un des sujets de ce monde, on ne peut détourner son regard. L’évitement spirituel n’apportera rien à notre société. Il me semble que l’on doive tenter de comprendre un tant soit peu cet étrange et un peu fou monde dans lequel on vit. Car c’est du sort de nos enfants dont il est question, le sort du monde se joue maintenant comme peut-être jamais auparavant.
Évidemment que les actions que l’on peut poser sont limitées, les gestes à poser incertains. Que faire devant tant de folie ?
J’ai toujours aimé croire qu’il y a une justice en ce bas monde. Que les gens vivent avec les conséquences de leurs actions. Mais ces mots de Jodie Foster (oui oui l’actrice) me ramènent à l’ordre, comme au désordre :
Non, mes amis, ne vous bercez pas d’illusions.
Ceux qui font le mal ne reçoivent pas toujours leur juste retour.
Beaucoup s’en tirent très bien.
Vous les verrez réussir, vous les verrez s’approprier la meilleure part de tout.
C’est ainsi que fonctionne le monde.
Mais si cela peut apaiser vos cœurs, sachez ceci : j’ai vu de nombreux méchants atteindre le sommet… mais jamais goûter à la paix.
En effet, des gains divers mais guère de paix pour les hommes de mauvaise volonté. La voilà la part de justice.
Mais ça n’apaise pas mon coeur. Ça ne fait que démontrer que peu importe combien ni comment on abuse le monde et les gens autour de soi, on finit toujours au coeur de soi.
Évidemment aussi qu’il faille travailler sur soi et bâtir son propre petit bonheur, et le partager autour de soi. Quoi d’autre peut-on faire ?
Mais parfois, je me demande, et je le demande aussi à la présence nommée Dieu, ou à l’un.e de ses allié.e.s., comment nous faire comprendre, nous gens de toutes les volontés, que la paix peut aussi passer par de bonnes actions, et des bons mots, bene dictions.
Et ne le sait-on pas déjà ?

Mais on dirait bien que l’on doive passer par là où nous passons en ce moment. Car on dit que l’ombre cherche la lumière.
Eh oui, on en revient encore à la prière de la sérénité:
Mon Dieu, accordez-moi le courage de changer les choses que je peux changer, La sérénité d’accepter celles que je ne peux changer
Et la sagesse d’en connaître la différence
Et, mon Dieu, accordez-moi le courage de ne pas renier ce que je crois être bien, même si je pense que c’est sans espoir.
Et viva le Shaking ! Et le Santo Daime !
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Ex chaos ordo », disaient les romains.
Un ordre né du désordre.
Aujourd’hui, il faut demander : « Quod ordo ? » – Quel ordre ?
Réponse : celui des autocrates, jamais le nôtre.
Notre boussole morale est dans la tolérance, l’empathie, la fraternité et la construction d’un monde de progrès pour l’humanité.
Un monde arpenté en liberté.
Éclairé par la raison.
En recherche du bien commun.
Jamais la haine.
Jamais.
– Rudy Dermotte
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Entourez-vous de vos amis et de votre famille, et si ce n’est pas votre lot, que la bénédiction vous trouve dans votre solitude.
~ Leonard Cohen
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La mort physique est un phénomène éternel et au fond extrêmement banal.
Mais il y a une autre mort, qui quelquefois est encore pire.
L’abandon de la personnalité, le mimétisme par habitude, la capitulation devant le milieu, le renoncement à soi-même…
Mais regarde un peu autour de toi.
Mais parle avec les gens.
Mais ne te rends-tu pas compte qu’au moins soixante pour cent d’entre eux sont morts ?
Et le nombre augmente chaque année.
Éteints, nivelés, asservis.
Ils désirent tous la même chose, il font le même discours, ils pensent tous la même chose, exactement la même.
Ignoble civilisation de masse. »
– Dino Buzzati, Les nuits difficiles
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J’ai vécu dans un isolement profond, un désert intérieur,
Et peu à peu, j’en ai aimé la douce horreur.
Dans cette solitude où l’esprit s’égare,
Je plongeais en moi, scrutant chaque miroir.
Ma vie entière, je l’ai revue en silence,
Détail par détail, sous l’éclat d’une immense
Lumière implacable, où moi-même, sévère,
Je me jugeais sans détour, d’un regard austère.
Parfois, je bénissais le sort qui m’avait donné
Cette solitude, ce vide abandonné,
Car sans elle, jamais je n’aurais pu comprendre,
Ni réviser ma vie, ni vraiment m’éprendre.
– Fiodor Dostoïevski, Mémoires de la maison morte
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Un enfant naît avec sept dons naturels
Le premier est l’innocence, le second est l’ouverture d’esprit.
Le troisième est l’imagination.
Le quatrième est la confiance, le cinquième est une passion pour la vie, le sixième est la compassion pour la vie, le septième est le courage.
Voilà les dons que le monde tente de dérober à chaque enfant, en les remplaçant par sept traits inférieurs comme la culpabilité, l’étroitesse d’esprit, le conformisme, le doute, l’apathie, l’insensibilité et la peur.
J’ai découvert la face sombre de l’humanité quand j’étais encore enfant, lorsque j’ai vu assommer un bébé phoque pour la première fois.
Mais j’ai aussi eu la joie de voir les baleines et de nager au milieu des castors, des dauphins, des phoques et des poissons.
Mon enfance m’a donné pour toute ma vie l’amour des autres créatures et de la nature, et pour toute ma vie aussi la passion de défendre et protéger.
Elle m’a aussi fait entrevoir les choses auxquelles je ne voulais pas prendre part. Lorsque j’étais enfant, je me disais que je ferais cesser le massacre des phoques et que je protégerais les animaux sauvages.
Mes expériences enfantines ont modelé mon évolution en tant qu’adulte, et je n’ai jamais perdu cette innocence, j’ai gardé un esprit ouvert, nourri mon imagination et conservé ma confiance, ma passion et ma compassion, et renforcé mon courage.
Les livres que j’ai lus, les oiseaux dont le chant m’a émerveillé, les animaux que j’ai vus, les grands professeurs que j’ai écoutés et l’amour qui emplissait constamment mon cœur m’ont gardé sur la voie de la compassion.
Chaque enfant a le potentiel pour la grandeur, et cette grandeur peut être nourrie simplement en ne renonçant pas aux sept vertus positives pour les remplacer par les sept traits négatifs.
Les rêves d’un enfant peuvent se réaliser s’il ne perd pas les sept dons naturels qu’il reçoit à la naissance.
Le secret est simple : suivez votre cœur, et souvenez-vous que votre cœur n’a jamais tort.
– Capitaine Paul Watson
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J’ai appris que l’amour peut surgir par surprise… ou s’éteindre en une seule nuit.
Que les plus grands amis peuvent devenir de parfaits inconnus, et qu’un inconnu peut parfois devenir un ami pour la vie.
J’ai appris que le “jamais plus” finit toujours par revenir, et que le “pour toujours” a souvent une fin.
Que celui qui veut, peut… et réussit.
Que celui qui ose ne perd jamais rien, et que celui qui n’ose pas ne gagne jamais.
J’ai appris que si l’on veut voir quelqu’un, il faut aller le trouver — car après, il est trop tard.
Que la douleur est inévitable, mais que la souffrance est un choix.
Et surtout… j’ai appris que nier l’évidence ne sert absolument à rien.
— Elif Shafak
