
Étrange de traduire du Camus de l’anglais au français. J’avoue que j’ai googlé pour retrouver ses mots à lui.
D’ailleurs, la citation complète va ainsi : Qui ne donne rien n’a rien. Le plus grand malheur n’est pas de ne pas être aimé mais de ne pas aimer. La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.
Car l’avenir n’est rien d’autre que du présent répété et toujours nouveau. Car même le futur n’est toujours que moment présent rafraîchi, encore et encore.
Certaines personnes sont incapables d’amour. Autant d’en donner que d’en recevoir. En fait, c’est probablement la seule et même chose donner et recevoir car si on n’aime pas, on ne peut vraiment accepter l’amour d’autrui. Si on ne s’aime pas soi-même, comment peut-on aimer autrui ? Et si on s’aime, comment ne pas aimer autrui ? Car elle et lui, pareil comme moi.
Je crois vraiment qu’on ne peut recevoir plus d’amour que celui qu’on peut donner, et vice-versa. Car c’est notre ouverture et notre capacité à donner, à laisser passer l’amour en soi et à la distribuer autour de soi qui détermine le flot d’amour qui nous passe dessus et dedans. Nous sommes des portails d’amour, plus ou moins ouverts, plus ou moins fermés.
En anglais, on dit lovable – love able : capable d’aimer, capable d’en donner, d’en recevoir, d’en partager in and out.
Moi c’est avec Veeresh que j’ai appris à m’aimer, et à aimer. C’est avec lui, sous sa direction, par son exemple, que j’ai osé être moi-même, être tout ce que je suis, le plus beau comme le moins. Et ajuster le moins. Embellir le moins, le corriger, l’ajuster.
Je pense souvent aux gens ambitieux, aux glands de ce monde, à ceux qui veulent contrôler le monde, ceux qui exploitent l’humanité à leurs propres fins et jamais je ne les envie. En fait, je les plains.
Car ils ont beau penser posséder quoi que ce soit, un peu ou beaucoup, en fait, ils ont le coeur vide. Et ils toujours peur de perdre le peu qu’ils ont. Car plus on en accumule, plus on en a à perdre. Plus on en possède, et plus on en perdra car c’est certain qu’on perdra tout ce que l’on peut tenir dans nos mains, ou dans notre compte de banque. Tout passe et tout passera. Notre corps compris. Que le contenu de notre coeur qui restera.
On dit que l’on perd tout ce que l’on ne donne pas et que l’on possède à tout jamais tout ce que l’on a donné.
Alors quitte à vivre, autant tout donner. C’est ce que les mères ont fait et nous ont appris, grâce à elles que le monde survit.
