DOUCE FOLIE DE COLIBRI

Reste fou. Mais agis comme quelqu’un de normal.
Prends le risque de demeurer différent(e) mais fais-le sans attirer l’attention.

– Paulo Coelho

Dès que mes yeux se sont posés sur cette image, et sur les mots de Coelho surtout, je me suis senti interpellé. C’est que je me sens moi-même un peu fou: fou des mots, fou de musique, fou de vie, fou de joie, fou de même toé. Fou brac en tabar… nouche.

Fou mais pas tout à fait fou quand même, pas tout à fait fou non plus. Fou with a twist. Pas fou, juste fou fou. Doux fou va.

Comme on disait jadis : Un fou qui sait qui est fou est ben moins fou qu’un fou qui sait pas qui est fou. Ben moi j’le sais. Chu fou. Pis j’m’en fous. Mais j’me fous pas de tout.

On s’en fous-tu ? Mets-en qu’on s’en fout. Mais on s’en fout doux.

Pour rester sain d’esprit en cette existence, en ce moment en particulier, en ce fou monde, il faut être un peu fou, il faut rester fou. Ou folle. Ou fol. Folie de survie.

Car le monde est fou. Et pour vivre dans un monde fou, il faut l’être aussi. Mais il y a divers types de folie. Folie créatrice ou folie destructrice. Chacun la sienne. Et si elles existent toutes les deux, même si on ne le comprend, elles doivent avoir leurs raisons d’être. Même si ça nous semble follement malade de détruire, de vendre de la mort.

Quand on observe tout ce qui se passe en ce bas monde, du moins la petite partie que l’on peut observer, ou que l’on réussit à saisir, notre propre petit angle d’observation limité car bien trop vaste le monde pour tout y voir, le monde doit être encore plus fou qu’on pense qu’il ne l’est en réalité. Full fou, full fol.

On se bombarde, on s’affame, on se crie après, on se tire dessus, on veut être meilleur(e) ou plus riche et fameux que son ou sa voisine. Pas grand chose qu’on peut faire pour arrêter ce genre de folie.

Tout ce qu’il nous reste à faire est de semer notre propre petite graine de folie créatrice autour de soi. Partager des mots d’encouragements, des mots d’espoir, semer des graines de poésie à tous vents, planter notre musique dans le coeur et les oreilles des gens. Et continuer à espérer que le monde ira mieux, que les humain(e)s s’éveilleront, que nos enfants auront la chance de grandir en paix et en sécurité, et dans l’amour qui leur est dû.

Mais on doit rester créativement fou et folle sans que ça ne paraisse trop. On doit être follement fou et folle, mais le faire low profile. On ne doit pas avoir l’air fou, mais on doit continuer de chanter la chanson.

On doit faire ses folles affaires sous des airs normaux. Diffuser notre folie sous des airs d’ordinaire, partager une folie contagieuse de laquelle on ne méfiera pas, face à laquelle on ne s’opposera pas. Une folie qui touchera les coeurs et les âmes un à un, une à une sans que le monde ne s’en aperçoive, à son insu.

Car petit train va loin, lentement mais sûrement. Tchou tchou.

Faire ce que notre coeur nous dicte, faire ce que l’on sent juste. Juste et bon. À notre humble mesure, à notre toute petite échelle car la vie se grimpe un barreau à la fois, chaque barreau dans la foi.

Vivre sa vie, tel un colibri. Avec le coeur qui bat la chamade. Poupoum poupoum.

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Fou colibri fou

Selon une vieille légende amérindienne, un jour, il y eut un grand incendie dans la forêt.
Tous les animaux s’enfuirent terrorisés dans toutes les directions, car c’était un incendie très violent. Soudain, le jaguar aperçut un colibri passer au-dessus de sa tête, mais dans la direction opposée. Le colibri s’est envolé vers le feu !

Quoi qu’il arrive, il ne s’arrêterait pas.
Quelques instants plus tard, le jaguar le vit passer à nouveau, cette fois dans la même direction dans laquelle le jaguar marchait.
Il pouvait observer ce va-et-vient, jusqu’à ce qu’il décide d’interroger l’oiseau à ce sujet, car son comportement lui semblait très bizarre.

Qu’est-ce que tu fais, colibri ?

Je vais au lac, répondit-il,
je bois de l’eau avec mon bec et je la jette sur le feu pour l’éteindre.
Le jaguar rit.
Es-tu fou ?
Penses-tu vraiment que tu peux éteindre ce grand feu tout seul avec un si petit bec ?

Non, dit le colibri, je sais que je ne peux pas.
Mais la forêt est ma maison.
Cela me nourrit, cela me protège, moi et ma famille.
J’en suis si reconnaissant.
Et j’aide la forêt à grandir en pollinisant ses fleurs.
Je fais partie d’elle et la forêt fait partie de moi.
Je sais que je ne peux pas éteindre le feu, mais je dois faire ma part.

À ce moment-là, les esprits de la forêt, qui écoutaient le colibri, furent émus par l’oiseau et son dévouement à la forêt, miraculeusement ils envoyèrent une averse torrentielle, qui mit fin au grand incendie.

Les grands-mères amérindiennes racontaient parfois cette histoire à leurs petits-enfants, puis concluaient par :
Voulez-vous attirer des miracles dans votre vie ? Alors faites votre part.

Vous n’avez aucune responsabilité de sauver le monde ou de trouver des solutions à tous les problèmes, mais simplement de vous occuper de votre petit coin de l’univers.
En faisant cela, le monde se sauve.

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Si vous croisez Dieu, ne vous mettez pas à genoux et ne commencez pas à prier, il est fatigué de tout cela !
Racontez-lui une bonne blague.
Ce sera une communion plus profonde.
Faites-le rire.
Dans ce rire, se cache une révélation.
– Osho, Dhammapada : La Voie du Bouddha

3 réflexions au sujet de « DOUCE FOLIE DE COLIBRI »

  1. Avatar de AnandgyanAnandgyan

    Il « foulait » le dire.

    L’entrain fait tchou tchou

    et l’enthousiasme fait bloom bloom

    et pas blue blue…

    … et oui le coeur fête boom boom aho.

    Si c’est pas la musique, c’est le silence

    qui déclarera l’immensité incommensurable de Ce mystère.

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