LOUSSER SA TÊTE & RETROUVER SON COEUR

Tu n’es pas tes pensées, tu es ce qui les observe, l’intelligence derrière les pensées.
Quand tu comprends ça, tu fonctionnes à partir d’une conscience supérieure.
– J. Krishnamurti

On s’est fait dire tellement souvent cette toute simple vérité.

En fait, fondamentalement, c’est tout ce que les maîtres et sages nous disent et nous enseignent depuis toujours. Nous ne devons pas nous identifier à nos pensées. Nous devons observer ce qui observe. Que nous sommes la présence qui observe les pensées venir, passer et repartir. Le/la veilleur(se) du poste d’observation qui doit apprendre à regarder passer les autos sur l’autoroute de la pensée.

Pourtant, on oublie souvent. On oublie tout le temps. Et on se souvient parfois. De décrocher de nos histoires. De ne pas se prendre trop au sérieux. De penser à nos proches et nos prochain(e)s.

Rares sont les gens qui prennent régulièrement le temps d’arrêter pour observer, le temps de s’arrêter pour s’observer, s’observer penser, respirer, être. Tout simplement. On préfère souvent garder nos yeux ouverts et regarder à l’extérieur de soi. Plus excitant, plus divertissant. Sauf que plus étourdissant aussi.

Et désormais, on peut sans cesse regarder passer et défiler la vie des autres devant nos yeux dans nos écrans, sur les réseaux. Ça défile sans fil et sans fin. Publicités comprises. Infinies petites vues nous propulsant constamment hors de soi. L’extase est virtuelle. Et continuelle. On vit désormais virtuellement. Le fil du cerf-volant s’est coupé et on tournoie sans boussole dans l’univers virtuel.

Mais il est primordial d’arrêter, de fermer ses yeux et d’observer, de prendre une distance face au monde extérieur, face à ses propres pensées qui s’y nourrissent. Ceci constitue seulement le premier pas, la première étape. Qu’il faut répéter sans cesse, et régulièrement. Le seul vrai repos réside dans cet acte pourtant si simple, cette non-action hors du temps et hors du monde.

Que ce soit par la prière, dans notre relation au Divin, ou dans le silence, dans la quiétude de notre coeur.

S’il faut observer ce qui observe en soi, la part de la Grande Divinité en soi, en chacun(e) de nous, et retrouver la poussière d’étoiles qui nous fait bouger, il ne faut surtout pas oublier notre coeur, notre part de divinité incarnée, notre humanité en corps, et encore. Car le résultat ultime de la méditation réside dans l’amour. Pas celui avec un grand A, l’amour tout court. Le simple amour. De soi comme d’autrui.

Si tu médites patiemment, sans but, un amour indescriptible finira par t’habiter.
Tu connaitras l’amour Divin, et tu seras en mesure de partager cet amour pur avec les autres.
– P. Yogananda.

Car selon ce que je saisis, le but final de la vie consiste à partager l’amour. On ne médite pas pour devenir le/la plus grand(e) méditateur/trice, pour se désincarné(e), pour devenir holier than thou. On ne vise pas à devenir supérieur(e) à autrui, ni meilleur(e) que quiconque, ni plus spirituel(le).

Au contraire, le but consiste à ne devenir personne en particulier, à s’oublier en tant que soi. À redevenir un(e) organisme de plus en plus vivant(e).

On médite tout simplement pour se désidentifier du mental, pour nous en dégager un peu, pour en sortir et nous libérer de son emprise et de son activité envahissante. Ce qui nous permet de descendre de la tête au coeur et ainsi retrouver l’amour en soi, l’humilité, la simplicité d’être, le dénuement. Non pas acquérir davantage mais, au contraire, laisser aller les multiples artifices de la pensée et sortir du labyrinthe incessant et étourdissant.

Car à force de trop se center sur soi, on oublie les autres.

Vivre pour soi seul est une maladie. L’Égoïsme est la rouille de l’âme.
– Victor Hugo

Alors, vite, un peu de WD 40 au coeur.

___
Le réveil commence quand on réalise qu’on ne va nulle part et qu’on ne sait pas où l’on va.
– Gurdjieff

___
Garde-moi loin de la sagesse qui ne pleure pas, la philosophie qui ne rit pas et la grandeur qui ne s’incline pas devant les enfants.
~ Khalil Gibran

Laisser un commentaire