
– Claudio Abbado
Beaucoup d’expression, peu de réception en notre monde.
Beaucoup de mots, de blas blas, d’explications et de justifications, peu de silence, d’impression et d’introspection.
Nous sommes un monde bruyant, nous sommes du monde bruyant.
Nous parlons beaucoup, trop. Nous pensons beaucoup. Même quand nous écoutons autrui parler, nous nous parlons à nous-même, nous empêchant de vraiment entendre, s’entendre, nous entendre. Nous sommes plein(e)s de bruits.
En effet, la musique peut nous apprendre à mieux écouter. Avant de pouvoir jouer ou chanter ensemble, on doit écouter, s’écouter, on doit se laisser entendre. Laisser les sons entrer en soi, les laisser sonner et résonner dans tout notre corps. Les sentir, les ressentir. Entendre et sentir leur hauteur, leur tonalité, leur texture. Pour ensuite se mettre au diapason, au même niveau, sur la même longueur d’ondes. Et s’harmoniser.
D’ailleurs, dimanche dernier, nous avions une pratique de musique pour apprendre de nouveaux hymnes. Et on n’avait pas le choix, on devait s’écouter car on avait jamais jouer ensemble ces hymnes. Avant d’émettre, on doit se mettre en mode écoute et se permettre de recevoir.
Récemment j’ai été au centre d’une situation de discorde. Et si j’entends les gens raconter deux versions de la même histoire, j’entends aussi des histoires complètement différentes. J’entends aussi que les gens ne s’entendent parce qu’ils ne s’écoutent tout simplement pas. On ne s’écoute pas les un(e)s les autres, moi inclus bien sûr.
On dit qu’on ne se parle toujours qu’à soi-même. Grand constat. Qu’on doit apprendre à changer, état qu’on doit apprendre à modifier.
On dit aussi qu’on a une seule bouche et deux oreilles, qu’on devrait alors écouter au moins deux fois plus qu’on parle. En tous cas, je pense qu’on devait écouter déjà un peu plus qu’on ne le fait en ce moment.
D’ailleurs, avez-vous remarqué que lorsqu’on parle, on répète souvent la même chose, on radote. Parait que lorsqu’on écoute, on risque d’apprendre quelque chose de nouveau.
On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter, disait le poète.
Et si on commençait par se la fermer et s’écouter soi-même ? On pourrait être surpris(e) de ce que la vie a à nous dire.
Bonne écoute, bon été.
